RAW OPERA/

This series is ongoing.

Since the beginning of time, that is, since cave art, the blood of warriors has flowed in paintings. It is about battlefields. It is also about war, the war that began with a human face, a burning odyssey of thousands of years stained with blood, an age-old drama of daring and death, tyranny and heroism, conquest and resistance.

War and the brutality of its consequences and marks is the subject that Theo Galliano develops in this series. From a first drawing entitled Warrior, representing the scarred back of a man - a warrior freed from the enclave of a wall - the initial idea of the surface as a broken, spectral beauty, already dead, in short as fossilised by the slow sedimentation of the violence inscribed on it. The paintings and drawings in this series are all surfaces where the compositional orientations, horizontal or vertical, take on singular meanings, sometimes bordering on contradiction or even paradox, meanings of fall and rise, meanings of funereal events and overcoming. The dehumanisation and bestiality of death acquire an aesthetic value of their own, the result of the strangeness of bodies made unrecognisable by their deformation or phantasmatisation. These pictorial recourses allow the painter and draughtsman to distance himself from the traumatic experience, whether it is lived or inherited, testifying to the invention of death, of aesthetic predation through evocations and tributes, as many physical or symbolic walls created by the War.

War of nerves. War of the stones. War of fire. Star wars. War with bare hands. Propaganda war. War of all against all. War of annihilation. Economic warfare. Cold war. Green war. Clean war? War on the horizon. War to come...

As long as they do not stop, as long as they stop here and start there... They would come together if we were not careful in a single war of annihilation. Total war.

MASSACRE (AFTER DELACROIX), acrylic on canvas, 2022

WARRIOR1, color pencil on paper, 2015

WARRIOR1 (detail), color pencil on paper, 2015

Cette série est en cours.

Depuis l’origine des temps, c’est-à-dire depuis l’art rupestre, coule dans la peinture le sang des guerriers. Il s’agit des champs de bataille. Il s’agit aussi de la guerre, celle qui avait commencé par se parer d’un visage d’homme, brûlante odyssée de milliers d’années maculées de sang, drame séculaire d’audace et de mort, de tyrannie et d’héroïsme, de conquête et de résistance. 

La guerre et la brutalité de ses conséquences et de ses marques, tel est le sujet que Theo Galliano développe dans cette série. A partir d’un premier dessin intitulé Warrior, représentant le dos marqué d’un homme - guerrier dégagé de l’enclave d’un mur - a ensuite émergé l’idée initiale de surface comme beauté brisée, spectrale, déjà morte, en somme comme fossilisée par sédimentation lente de la violence qui s’y inscrit. Les toiles et dessins de cette série sont autant de surfaces où les orientations de composition, horizontale ou verticale, prennent des sens singuliers, parfois confinent à la contradiction voire au paradoxe, sens de chute et d’essor, sens des évènements funèbres et des dépassements. La déshumanisation et la bestialité de la mort acquièrent une valeur esthétique propre, résultat de l’étrangeté des corps rendus méconnaissables par leur déformation ou leur fantasmatisation. Ces recours picturaux autorisent le peintre et dessinateur à une mise à distance de l’expérience traumatique qu’elle fusse vécue ou héritée, témoignant de l’invention de la mort, de la prédation esthétique à travers les évocations et les hommages, autant de murs physiques ou symboliques que crée la Guerre.

Guerre des nerfs. Guerre des pierres. Guerre du feu. Guerre des étoiles. Guerre à mains nues. Guerre de propagande. Guerre de tous contre tous. Guerre d’anéantissement. Guerre économique. Guerre froide. Guerre verte. Guerre propre ? Guerre à l’horizon. Guerre à venir...

Tant qu’elles ne cesseront pas, tant qu’elles s’arrêteront ici et recommenceront là... Elles se rejoindraient si l’on n’y prenait garde en une seule guerre d’anéantissement. Guerre totale.

SLAYED DIPTYCH, color pencil on paper, 2019

WARRIOR3 (Hommage to Germaine Richier), white pencil on paper, 2020